Album Of The Week #9: ‘Utopia’ by Darius

Utopia

La musique adoucit les mœurs, elle apaise, évade puis délivre. Voilà une phrase décrivant à merveille la nouvelle oeuvre du talentueux Darius, producteur français en provenance de La Rochelle. Après deux EP marquants respectivement en indé, puis sur le label new wave Roche Musique, le producteur a vu grand pour la suite de son épopée musicale. Retour, track par track, sur ce voyage sonore complexe et subtile aux multiples facettes, ce que Terence a nommé son Utopia.

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1. Aube

À l’aulne d’un nouvel air, Aube est un premier jet aux résonances profondes et mystérieuses. Des sons stridents s’entre-mêlent et annoncent l’arrivée d’un événement inattendu, les percussions se mettent alors en place majestueusement avec ce kick puissant et ce coup de drumstick qui résonne dans notre tête. Tout s’impose au travers d’un rythme entêtant. Puis arrive l’alchimie travaillée des synthétiseurs de Darius, cette marque de fabrique qu’il a forgé avec les années, mélangeant numérique et analogique, inspiration et improvisation. Le ton est donné, le soleil est levé. Il est des aubes étranges et énigmatiques que l’on regarde avec grâce et fascination.

2. Echo (feat. Max Jury)

Pour ce deuxième élan, on découvre la voix de Max Jury, une bonne surprise aux accents androgynes qui intrigue et accompagne intelligemment le travail déjà amorcé de Darius sur le premier track. Un nouveau son nous percute encore plus que le reste: ce cow-bell polie et façonné qui revient comme un leitmotiv tout au long de la chanson. Une réalisation à la fois timide et prometteuse qui nous fais rentrer davantage dans cette utopie.

3. Night Birds (feat. Wayne Snow)

On ne présente plus Wayne Snow et ses nombreux featuring efficaces et pertinents aux côtés de certains producteurs tout aussi admirables (Max Graef, pour ne citer que lui). Ayant déjà travaillé avec Darius sur des titres comme Helios ou sur le projet d’improvisation multi-instrumentiste The Nightbirds (accompagnés de FKJ & Crayon), on retrouve ici sa voix entre deux mondes et ses aigus à la justesse troublante. Voilà un morceau qui nous amène totalement dans l’univers de Darius et nous englobe dans cet album plus que jamais. Un autre son lancinant et jouissif accompagne de nouvelles percussions au son recherché sur cette troisième pièce qui nous projette dans un ciel étoilé.

4. Carbon Dreams (feat. E^ST)

Rupture dans ce quatrième morceau du puzzle qui introduit la sonorité produite par les cordes vocales de l’australienne E^ST. Une percussion métallique accompagne la trame rythmique et est habillée des synthé aux sonorités exotiques, comme des reflets d’Orient et de voyage. La structure et la construction du morceau étonnent et surprennent avec des phases clairement différentiables et marquées. Une production manifestement plus personnelle et osée qui permet à Darius de développer une finesse qu’il n’avait pas le temps de présenter dans un EP. Voilà du carbone qui relève plus du diamant que du graphite.

5. Cyan

Cyan est une pépite à mi-chemin entre un bleu océan et un vert émeraude. À la manière d’une des couleurs primaires de la peinture, ce cinquième titre, essentiel à l’oeuvre, nous captive de bien des manières. Son contenu recèle de dizaines d’éléments aux sonorités fraîches et nouvelles qui nous emmènent véritablement dans un nouveau monde. Le travail des percussions est remarquable et les crescendo mémorables. Je vois une cité utopique où l’eau et le ciel se mêlent, je vois le bleu des flots et l’azur du ciel. Travaillé avec passion dans le Red Bull Studios où Darius a séjourné il y plus de deux ans, ce track magique rentre parfaitement dans la chronologie d’une utopie qui nous séduit de plus en plus.

6. So Far So Good

De fait, So Far So Good. Cette nouvelle pierre de l’édifice aux apparences d’interlude complexe et marquante instaure un climat bien différent en jouant sur des synthés aux longues résonances et sur des percus toujours plus variées. Un cocktail qui fonctionne et prolonge le voyage intelligemment. Jusqu’ici, tout va bien…

 

7. Carried Away (feat. E^ST)

Second round pour E^ST qui nous présente ici une performance très différente de la première. Troisième single dévoilé avant la sortie de l’album, il fait revenir cet élan épique inhérent au travail de Darius. Et ces finger snap… Les voix dédoublés fonctionnent et la mélodie principale qui intervient en milieu-fin du morceau est tout ce que l’on attendait. Le résultat, bien que plus humble que certaines autres pièces de l’album, n’en reste pas moins puissant à l’écoute et nous prépare correctement à la suite à venir.

8. New Age

C’est pour ce genre d’instants que je me passionne pour l’oeuvre de Terence. Grâce, profondeur et grandeur se dégagent de cette nouvelle partition. La progression nous transperce, on ferme les yeux et nous voici dans le l’espace stellaire. Une son monte alors d’une étoile et nous guide, vers la lumière. Un nouvel air commence.

 

9. Mountains

Une trame, une vibration, une pulsation nous retient alors et nous capte, telle la gravité d’une planète gigantesque. Je me vois pendu à mon écran, attendant le drop de ce nouveau track que Darius avait présenté en live sur ces réseaux. Avec le visuel d’une sphère ignescente prête à nous éblouir, l’artiste nous avait offert un moment d’une force difficile à retranscrire. Pourtant, après des écoutes multiples, cette force et toujours là. La montagne, la voilà: la pièce maîtresse d’Utopia. Tandis que l’ascension nous a retourné pour de bon, la descente longue et rêveuse ne peut nous préparer à la suite…

10. Pyor

Fébriles, transportés, Pyor nous donne le coup de grâce avec un drop incroyable. Ce track en live est une des recettes favorites de Darius. Car si la plupart des morceaux d’Utopia sont difficiles à placer en DJ-Set, Pyor met tout le monde d’accord. On remonte, on remonte pour une nouvelle descente effrénée. Autre bébé de la Red Bull Studios Session, il renaît brillamment au sein d’un album où sa place était déjà attitrée. Écoutez mourir cette mélodie en fondu…

11. Nebula

La température a baissée, nous voici à nouveau dans les étoiles, dans l’onirique et le cosmos. Telle une épopée spatiale et étrange, le son d’une vague sur une planète lointaine se mêle à des synthétiseurs qui flirtent avec ceux d’un Hans Zimmer. Une interlude qui arrive à point nommé, après avoir été soufflés par la double wave Mountains & Pyor.

12. Observer

Nous revoici sur terre, tels de simples observateurs. Une batterie plus affirmée donne le tempo avec un fond orchestrée par des mélodies inhabituelles. Où Darius veut-il nous emmener cette fois? Un morceau à l’ambiance sensiblement différente qui fait office de nouvelle rupture et instaure un esprit plus mélancolique.

 

13. Lost in The Moment (feat. Wayne Snow)

Premier titre dévoilé, Lost in The Moment renoue avec les premières productions de Darius: cette vague disco que l’on découvrait sur le premier EP Velours. Un flanger aérien et léger donne du volume à ce nouvel essai, avec les apparitions lointaines de Wayne Snow. Plus rythmé, plus libéré, ce pénultième extrait apporte ce qui manquait à l’arrivée de la conclusion imminente. On sent de la densité mais celle-ci s’étale pour nourrir l’entièreté du titre qui nous fait planer jusqu’à la fin du périple.

14. Bright Side

Dernière étape du parcours, Bright Side est ma plus grande surprise de l’album. Sa tendresse me passionne de bout en bout. Les fragments épars de voix féminine et sucrée participent à l’imaginaire collectif pour un morceau riche à la guitare suspendue et aux vagues synthétiques nous laissant totalement rêveurs. Telle les retombées d’une poudreuse naissant dans l’atmosphère, il est l’apothéose de cette utopie qui nous invite à relancer la lecture et à poursuivre le voyage, encore et encore. Une délivrance.

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Un voyage, une épopée fantastique faite de sons et de lumières. Darius est entré dans la cour des grands.

Note globale: 5/5.

⚡ Liens qui font du bien ⚡

 

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Ben’

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