I Was There #1: TheSoundYouNeed Festival, Paris @ ELECTRIC – 14 Mars 2015

11050295_1016468045048437_5880661816504916757_nEn tant que directeur de chaîne YouTube musical, mais aussi en tant que mélomane et mordu d’électronique, mon emballement face à un TheSoundYouNeed Festival, premier du nom, posant ses valises pour un week-end à la capitale, fut immédiat. Avec des têtes d’affiche qui en feraient tourner plus d’une (Dream Koala, Cherokee, Crayon, Moon Boots B2B with Zimmer, LeMarquis, Fakaer, Bondax, Tchami, The Geek x VRV, Jabberwocky, ect.) des scènes de légende (Electric, 1936, Yoyo, Tunnel) et une com’ de malade (40 000 participants Facebook aux dernières nouvelles), l’événement promettait d’être pour le moins mémorable. L’a-t-il été? Oui et non. Je vous explique ça en détail à l’occasion de ce premier I Was There, car, j’y étais.

La première chose à savoir et à prendre en compte c’est que cet article n’est que le reflet de mon ressenti personnel suite à une « journée » passé sur place, le Samedi 14 Mars à l’Electric, pour être précis. Je m’efforce par ailleurs de nuancer mes propos en me basant sur le témoignage de contacts ayant assisté aux autres sessions (celle du dimanche notamment) et ainsi pouvoir juger l’événement dans sa globalité. Dans le même temps, je tiens à préciser que cet écrit n’a pas pour but de dénigrer le travail de qui que ce soit ayant rendu ce festival possible (je souhaite que ce genre d’événements uniques perdurent à Paris et dans un maximum d’autres villes de France). J’insiste sur ce point car c’est justement dans l’espoir d’une seconde édition que je partage mon avis sur ce premier festival. Du reste, j’espère que tous les points noirs que je m’apprête à relever cette année ne seront, par la suite, que de lointains souvenirs.

Le fait est que l’organisation même du festival est une réussite et c’est indéniable. Elle englobe de superbes salles, une magnifique ingénierie du son, un très bon matériel, un respect bluffant des horaires et un professionnalisme remarquable. En vérité, ce sont seulement des détails apparents qui se sont révélés être pour moi des déceptions, et qui ont malheureusement gâché mon expérience de l’event. Pour clairement comprendre mon propos, il me semble juste de vous replacer dans le contexte.

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La seule photo qu’on m’ait laissé prendre avec mon appareil…

Au départ, je devais y aller avec un ami; mais ce dernier a eu un empêchement de dernière minute, qu’à cela ne tienne, j’espérais y rencontrer quelques potes ou connaissances sur place. Et puis, comme si tout le monde s’était donné le mot, la quinzaine de contacts que j’avais n’ont pas pris leur place en avance et se sont fait bêtement surprendre par le Sold Out. Du coup, je partais déjà avec un énorme handicap qu’est la solitude et dans un festival comme celui-ci, s’étendant sur une douzaine d’heure, c’était d’ores et déjà du suicide. Mais l’amour de la musique (et aussi le dégoût de foutre 34€ par la fenêtre, faut le reconnaître) m’ont poussé à me bouger et à partir à l’assaut de l’Electric, pour 13h30 pétante. Après un retard d’une demi-heure merci la RATP, j’arrive sur place, armé de mon appareil. De long couloirs munis de tapis roulants se présentent à l’entrée, je dégaine celui-ci, histoire d’immortaliser un peu le lieu mais un des vigiles ornant toutes ses grandes allées, placés le long des murs tel un décor, m’interpelle. Il me conseille de laisser mon appareil à la consigne. Ironiquement, j’acquiesce, lui remerciant pour sa soi-disant « prévenance » et me décide à ranger l’appareil et à ne le ressortir qu’une fois dans la salle, face aux artistes. C’était sans compter la fourberie et la paranoïa d’une équipe de sécurité et leur main basse sur la technologie de communication. Arrivé au niveau de la consigne, un second m’arrête et me demande si je suis le fameux « type qui a un appareil », dont on a prévenu l’arrivée à l’aide d’un talkie-walkie. Avec mon gros sac dans le dos et l’étiquette EOS qui en dépasse je ne peux que confirmer et il me fait tout de suite comprendre plus ou moins clairement que je dois le déposer. Drôle de chose, il ne sait quoi répondre à la simple question « Pourquoi? ». Alors la gentille suggestion se transforme en commandement vindicatif. Moi qui suis contraint à venir seul, je pensais ultimement me rattraper en faisant de la photo et rendre ainsi service aux artistes et à l’événement. Dégoûté, je dépose l’appareil et paye 2€ pour un sac que je ne souhaite pas confier. Et dire que je pensais qu’une consigne servait à rendre service aux gens. La journée commence bien.

Après avoir monté les grands escalators, j’arrive à l’entrée du club en lui-même et une autre surprise m’y attend: un écriteau « TOUTE SORTIE EST DÉFINITIVE » surplombe l’entrée. En admettant que les aller-retour constant des occupants entre dehors et dedans puisse être quelque peu gênant pour les vigiles (dont c’est le boulot) je ne vois aucune raison valable au fait d’interdire les personnes à se mouvoir librement à l’extérieur sans perdre leur droit d’entrée, qu’ils ont dûment payé. Bien sûr, il y a des raisons purement économiques et financières: elles consistent à obliger les personnes à manger, boire et dépenser leur argent au sein du festival et nul part ailleurs pendant presque une journée entière, chose qui éthiquement me dérange (mais tout à fait valable de la part d’un festival qui souhaite gagner de l’argent, cela s’entend). Un panneau interdisant le fait d’amener quoi que ce soit à manger ou à boire émanant de l’extérieur aurait été plus logique, la plupart des gens se seraient alors contentés de ce qu’il y avait sur place pour ne pas perdre une miette de la musique. Quoi qu’il en soit, arrivant seul, sans aucune autre occupation que la musique présente et contraint de rester ici pour ne pas perdre mon droit d’entrer, je me retrouvais quelque peu refroidit par les circonstances. Étant donné que certains lives m’intéressaient moins, j’espérais pouvoir m’accorder une pause ou une ballade pour que la journée se déroule d’une manière moins lassante et linéaire mais j’imagine que c’était là aussi la volonté des organisateurs: ne jamais perdre de public, de midi à minuit. Si je vous la fait en plus rapide: vous payez pour être contraint à rester dans le même lieu et à y dépenser votre argent, douze heures de suite. Dans un parc, en extérieur, ça fonctionne. Mais dans une salle, aussi grande soit elle, fusse-t-elle munie d’une terrasse spacieuse, dussent de merveilleux artistes s’y produire, ça tourne vite à l’ennui monstre.

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Yndi Ferreira DaSilva alias Dream Koala

Je ne prête pas attention au monceau de personnes qui s’accumule à l’entrée et je cours rejoindre la grande salle (où tout le monde est assis) pour rattraper les deux dernières tracks du set de Dream Koala (le principal artiste pour lequel j’ai fais le déplacement…). J’entends, à ma grande satisfaction, Odyssey, majestueux en live. Puis il finit son intervention, toujours aussi impressionnant, à grand coup d’Architect, lançant sa guitare au sol, laissant crier la disto. Je viens le voir à sa descente du podium pour le féliciter et pour lui rappeler le soutien que curious world. a aimé lui offrir et continuera à lui offrir. Il paraissait sincèrement reconnaissant et dû disparaître pour ranger son matériel. Je crois qu’il s’agit là d’un des seuls temps forts de ma journée.

Pendant le changement d’artiste et l’installation du prochain live, je fais connaissance avec les lieux. La grande salle est composé d’une gigantesque baie vitrée avec une vue incroyable sur Paris et sa Tour Eiffel, de marches formant comme des gradins où tout le monde s’est amassé ainsi que d’un grand bar s’étendant sur tout le fond de la pièce. Cet endroit est mythique, avec ses immenses troncs d’arbre noirs de part et d’autre, et pour cause, les Daft y ont posés pour quelques clichés.

Un couloir à l’extrémité amenait à un autre comptoir puis à l’extérieur. Je sors malgré le mauvais temps remarquant que des gens en revenaient, chargés de nourriture. La vue est encore plus bluffante depuis la terrasse, et je commence ma maigre exploration. Je ne mets que quelques secondes à arriver vers les food-trucks ou plutôt, LE food-truck. Une sorte de traiteur italien dont je tairais le nom tant j’en fus mal nourri… À part ça, un truck tenu par un grand monsieur à lunette, vendant des articles énigmatiques pour hipsters et enfin une tente fourre-tout, semblant être tenu par des bénévoles du festival. C’est là-bas que je suis informé que tout achat réalisé ici devait se faire à l’aide d’une carte qu’il faut dégoter et charger à l’entrée. On me précise dans le même temps que l’argent déposé à l’intérieur ne peut être remboursé (quelle surprise!). Je n’aime pas ces méthodes et cela fait la troisième déception consécutive, ça commence à faire beaucoup.

Après manger, je retourne à la grande salle pour profiter de la fin du live des Jabberwocky, munis d’une belle énergie et présentant les sons de leur prochain album. Mention spéciale au featuring des deux derniers morceaux, une belle voix et un bel élan de fraîcheur pour le groupe. Tandis que Zimmer et Moon Boots s’installent, je goûte à l’unique bière présente sur place, une Carlsberg moyenne à la bouteille en alu…

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Moon Boots (à gauche) B2B with Zimmer (à droite)

Là arrive mon second temps fort de la journée: le set des deux acolytes est tout bonnement mortel. Si vous aviez oublié ce qu’était la House Music, ces deux pointures savent vous le rappeler, reliant des grands classiques à des petites nouveautés délectables. Le B2B est cool et efficace et on ressent la patte singulière des deux artistes tout en passant un bon moment. Malheureusement pour moi, cela fait bientôt 3 heures que je suis là et je commence déjà à m’ennuyer. Consultant ma montre je comprends que je ne pourrais jamais attendre 3 heures de plus dans ces conditions afin d’à nouveau entendre un des artistes pour lesquels je suis réellement venu (en l’occurrence, LeMarquis). Je cède à mon ennui et décide de très vite partir, après quelques aller-retour inutiles dans l’espace restreint du festival. À la sortie, je leur rend leur carte à la noix et perd 1€ resté inutilisé dessus, tout en sachant que je ne pouvais plus acheter aucun produit, pas même de l’eau, vendue à 3€. J’en ressors frustré et déçu, comme beaucoup de gens l’aurait été à ma place et pour cause, c’était vraiment du suicide.

Bien sûr, quelques personnes de ma connaissance ayant assisté aux autres sessions et étant venus en groupe gardent un bien meilleur souvenir de l’événement que moi, et ça se comprend. Mais il ne s’agit là que de ma propre expérience. De fait, tout festival, de par sa longueur, ses contraintes et sa diversité, amène à l’ennui un moment ou un autre. Seulement, il arrive un moment où c’est mathématique: lorsque ce dernier submerge tout le reste et devient prédominant, il se transforme en bêtise si on décide de rester malgré tout. 11072790_10206319993298754_1689744161_n

Tant pis pour mes 40€, plus jamais seul.

Ben’

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